Du nord de la ville de Nîmes aux contreforts des Cévennes, des confins de l'Hérault jusqu'à la vallée du Rhône, le vignoble gardois du Duché d'Uzès, dernier né des grands conservatoires du midi viticole, dessine à lui-seul un condensé des paysages méditerranéens.
De la beauté farouche du piémont cévenol aux vallées limoneuses du Vidourle ou du Gardon, des hautes terres proches de l'Ardèche aux villages de pierre claire de l'Uzège, l'appellation Duché d'Uzès a spontanément retrouvé les contours de l'ancien évéché. Du Ve siècle à la Révolution, les évêques d'Uzès ont eu le droit de battre monnaie, de rendre justice et ont même acquis une partie de la seigneurie d'Uzès au XIIIe siècle. Au XVIIIe siècle, le diocèse, qui compte 193 paroisses, est l'un des plus vastes et des plus puissants du Languedoc. Dans ces territoires contrastés, et voués à la vigne depuis des siècles, c'est la garrigue qui impose sa marque, sa beauté, ses parfums, ou la force âpre de sa pierre. On est ici dans l'un des hauts-lieux de l'architecture de pierre sèche où émergent les silhouettes galbées des capitelles, ces cabanes de vigne ou bergeries qui restent les témoins d'une culture ancestrale, d'un patrimoine précieux. |